J'avais rêvé qu'on s'en irait Mais on est pas parti bien loin Dans mon village quand on voyage (Ca n'dépasse pas l'café du coin) On n'dépasse pas l'bistrot du coin
Si j'passe en r'vue tout c'qu'on a bu Y'aurait d'quoi faire le tour du monde Mais l'tour du monde, la terre qu'est ronde Y'a qu'dans les livres que je l'ai vue J'en ai marre de ces galères Je voudrais prendre un vrai bateau Des bateaux on voit la mer Mais de la terre on voit qu'de l'eau Deux trois idées c'est tout c'que j'ai Ca m'fra pas (de) des trous dans les poches Faut pas que j'rêve au jour qui s'lève Sur des saisons un peu moins moches
Si tu t'figures que j'me berlure Avec des aurores boréales Mes cartes postales, plages tropicales Tiennent avec des punaises au mur J'en ai marre de ces galères Je voudrais prendre un vrai bateau Des bateaux on voit la mer Mais de la terre on voit qu'de l'eau Faudrait qu'ça change, que passe un ange Qui m'inviterait à la fête Faudrait d'l'amour mais... ça l'amour Y'en a (plus) pas dans ma superette Y'a ceux que j'aime, y'a ceux qui m'aiment Le plus souvent c'est pas les mêmes Alors j'attends le grand coup de vent J'sais pas pourquoi j'attends quand même J'vais r'monter (sur) dans ma galère J'vais la repeindre en vrai bateau Tant pis si j'ai l'mal de mer C'est comme ça qu'on d'vient matelot Faut faire voguer les galères Il faut faire voler les bateaux Aller voir au bout d'la terre Le soleil se coucher dans l'eau
LA MAISON DU VENT (Gérard Pierron et Christine Craipeau)
La maison près de la fontaine Couverte de vigne vierge et de toiles d'araignée Sentait la confiture Et le désordre et l'obscurité L'automne, l'enfance, l'éternité Autour il y avait le silence Les guêpes et les nids des oiseaux On allait à la pêche aux écrivisses avec monsieur le curé On se baignait tout nus, tout noirs Avec les petites filles et les canards.
La maison près des H.L.M. A fait place à l'usine et au supermarché Les arbres ont disparu Mais ça sent l'hydrogène sulfuré L'essence, la guerre, la société Ce n'est pas si mal Et c'est normal C'est le progrès.
(LES) MANGEUX D'TERRE (G. Pierron, texte G. Couté)
Je r'passe tous les ans quasiment Dans les mêm's parages, Et tous les ans j'trouve du changement De d'ssus mon passage ; A tous les coups c'est pas l'même chien Qui gueule à mes chausses ; Et puis voyons, si jem'souviens, Voyons dans c'coin d'Beauce.
REFRAIN ----------- Y'avait dans l'temps un beau grand ch'min - Cheminot, cheminot, chemine ! - A c't'heure n'est pas plus grand qu'ma main... Par où donc que j'chemin'rai d'main?
En Beauce vous les connaissez pas, Pour que rien n'se perde, Mang'raient on n'sait quoi ces gars-là, Ils mang'raient d'la merde ! Le ch'min c'était,à leur jugé D'labonne terre perdue : A chaque labour ilsl'ont mangé D'un sillond'charrue... (REFRAIN) ------------ Z'ont grossi leurs arpents goulus D'un peu d'glébetoute neuve ; Maisl'pauvre chemin en estdev'nu Mince comme une couleuvre. Etmoiqu'avaisqu'lui sousles cieux Pour poser guibolle !... L'chemin àtout l'monde, nom deDieu ! C'est mon bien qu'onm'vole!... (REFRAIN) ------------
Z'ontsemé du blé sur leterrain Qu'i r'tirent àma route ; Maissi jeleur demande un bout d'pain, llsm'envoientm'faire foutre ! Etc'est p't-êt- bien pourça que j'vois, A m'sure que l'blé monte, Les épis baisser l'nez d'vant moi Comme s'ils avaient honte !...
(REFRAIN) ------------
O mon beau p'tit ch'min gris et blanc Sur l'dos d'qui que j'passe ! J'veux plus qu'on t'serre comme ça les flancs, Car moi, j'veux d'l'espace ! Ousque mes alumettes elles sont ? Dans l'fond d'ma pann'tière... Et j'f'rai bien r'culer vos moissons, Ah ! les mangeux d'terre !...
(REFRAIN) ------------
Y'avait dans l'temps un beau grand ch'min, - Cheminot, cheminot, chemine ! - A c't'heuren'est pas plus grand qu'ma main... J'pourrais bien l'élargir, demain !
MARCELLE
Elle a l'œil vif, la fesse fraîche et le sein arrogant ! L'aut'sein, l'autre œil et l'autre fesse itou également ! Mais ça n'est pas monotone, Et même si c'est l'Automne, Je m'écrie, en la voyant : "Tiens, voilà l'Printemps !"
{Refrain:} Marcelle, Si j'avais des ailes, Je volerais grâce à elles, Marcelle, Vers la plus belle Des jouvencelles, Celle qui a pris mon cœur : Ta petite sœur... Poum ! Poum !
Je poserais sur sa bouche un baiser farouche Puis, je baisserais les stores, à cause des mouches ! Pourquoi cet œil noir, Marcelle ? J'ai pourtant fait la vaisselle... N'aimerais-tu pas ta sœur ? N'as-tu pas de cœur ? Marcelle, J'ai fait la vaisselle, J'ai descendu la poubelle, Marcelle, J'ai mis du sel'-e Aux vermicelles Quoi tu aim's mieux les nouilles aux beurr' Moi je préfère ta sœur Poum ! Poum !